La cocréation en permaculture

Grâce à la cocréativité, nous voila en contact avec une réalité beaucoup plus vaste que ce que la plupart d’entre nous expérimentons chaque jour. La cocréativité est le développement d’un partenariat conscient avec les intelligences de la nature afin de générer un environnement selon les principes universels d’équilibre et d’harmonie que la nature connaît parfaitement. C’est aussi une autre manière de voir le divin en toute chose et de l’écouter consciemment. Selon le principe de résonance, vous constaterez très vite que ce que vous faites pour vous et votre environnement rejaillit sur la globalité.

Le cœur ouvert et l’esprit présent à l’ici et maintenant, nous sommes capable de recevoir les messages des intelligences des lieux, des maisons, d’un jardin, d’une forêt, d’un arbre. Les buts de ces partenariats sont infinis car ils sont reliés à votre propre intention.

Vous formulez une pensée, les intelligences de la nature auront à charge de transformer l’énergie de cette pensée en matière, par le biais des esprits de la nature et en vous communiquant les étapes à réaliser. Tout l’art de la cocréation consiste donc à établir un moyen de communication conscient entre votre cœur et celui de la Nature. Le plus beau est que chaque rencontre, chaque communication est imprégné d’une connaissance qui ouvre la voie de la transformation.

Cette façon d'écouter la nature est à la portée de tous, il faut simplement apprendre à la développer et cela s'acquiert au fil du temps et à force de visites régulières. C'est comme un entraînement.

Voici certaines notions qui me semblent très importantes :

- Le silence. En effet, aller à la rencontre de la nature, c'est aller à la rencontre de soi-même. C'est en allant vers l'intérieur de nous-mêmes que nous allons être en connexion avec la subtilité de la nature. Il est évident que le fait de parler ne favorise pas l'introspection.

- La disponibilité, faire la paix en soi. Etre à l'écoute du vivant, c'est se laisser « infuser » par le vivant. Pour faire du bon thé, il est nécessaire que l'eau utilisée soit pure ; pour recevoir, il faut faire de la place. Si nous sommes préoccupés, que notre mental est agité, nos perceptions seront voilées. De même, si nous sommes empêtrés dans nos émotions, il y aura un épais brouillard entre nous et la réalité subtile de la nature. Par contre, il ne s'agit pas non plus de lutter contre nos pensées ou nos émotions, car la lutte est encore un obstacle. Comme en méditation, lorsque les pensées ou les émotions viennent, on les laisse passer, comme des nuages dans le ciel, sans s'identifier à elles.

- Etre dans le moment présent, cela est primordial. Etre dans le millième de seconde du moment présent, laisser le passé et le futur à leur place et pénétrer dans la réalité de l'instant. Ceci est une clé, si nous vivions ainsi dans notre quotidien, bien des désagréments seraient évités et notre vie nous paraîtrait beaucoup plus légère et ouverte sur l'infini.

- Libérer notre corps, retrouver notre simplicité et notre liberté d'enfant. Nous sommes loin de nous en rendre compte, mais nous avons des blocages corporels dans notre façon d'aborder la forêt. Ces blocages sont dus à des peurs, à des conditionnements, à des habitudes, à l'idée qu'on se fait du comportement d'un adulte... Déjà, nous avons tendance à suivre les chemins, de peur de nous égarer ou de nous enfoncer dans les broussailles. Ensuite, il y a certaines choses que nous ne nous autorisons pas à faire enlacer un arbre, s'allonger sur la terre, grimper, sauter, se cacher... laisser notre corps manifester ses besoins, être dans la spontanéité et libre comme un enfant sont des sensations à retrouver pour aller plus loin dans la découverte de la vie dans la nature.

- Etre sage dans notre volonté. Vouloir vivre des expériences ou en reproduire certaines déjà vécues nous empêche d'être dans l'ouverture, car cela crée en nous une tension. Affinez votre discernement et trouvez ce qui est juste et bon pour vous et autrui, cultivez cette forme d'écologie intérieure.
 
- La pureté d'intention. Plus nous serons dans la pureté de notre cœur, plus nous aurons des chances de rencontrer des niveaux élevés au cœur de la nature. Là encore lachez le mental, pour cela la méditation, le chant, le yoga, etc amenent vers ces états d'être ou le doute n'a plus de place. Vous êtes en unisson avec la plante, le jardin,... ils vous "comprennent" et vous soufflent les étapes à suivre.
 
- Affiner ses sens. Les sens, la vision, l'ouïe, l'odorat, le goût et le toucher sont des portes d'entrée vers les perceptions subtiles. Nous devons apprendre à affiner ces sens, à aller au-delà de leur utilisation habituelle. Elargir notre vision, voir au-delà, voir à l'intérieur des choses, écouter non seulement avec nos oreilles, mais avec chaque parcelle de notre être, écouter avec le cœur, sentir, se laisser pénétrer par un parfum, l'accueillir comme une vague dans chacune de nos cellules...Là encore quelques clés parmis tant d'autres...à vous de déceler vos "codes" de communication. A un moment donné peut-être, vous n'aurez aussi plus besoin de "code" car il n'y aura plus de séparation entre vous et le jardin.
 
Je serais heureux de vous transmettre cette joie du jardin lors des journées permaculture et cocréation organisé tous les mois aux jardins de Hridaya à partir de mai 2018.
 
Prochaine journée: le samedi 19 mai